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Dos tacheté de rousseur

La maladie de Verneuil

La maladie de Verneuil est une maladie chronique de la peau particulièrement douloureuse. Décrite en 1854 par le docteur Aristide Verneuil, un chirurgien français, elle est également connue sous d’autres dénominations : Hidradénite suppurée, Hidrosadénite, acné inversée, ou HS dans les pays anglo-saxons.

Environ 1 % de la population en serait atteinte, soit près de 670 000 personnes en France, bien que ce chiffre soit largement sous-évalué. Il s’agit d’une maladie auto-inflammatoire qui évolue par poussées successives. Elle touche principalement les femmes (3 femmes pour 1 homme), se manifeste dès l’adolescence avec un pic vers la trentaine, et s’estompe généralement à la ménopause. Cette pathologie chronique entre dans le cadre des ALD 31 (Affection Longue Durée hors liste).

Les manifestations et l'origine de la maladie

La maladie de Verneuil se manifeste par des nodules et des abcès douloureux qui apparaissent dans les zones concaves du corps : aisselles, plis de l’aine, pli interfessier, pubis, entre et sous les seins, nuque ou oreilles. Elle évolue vers des écoulements de pus, des fistules et une cicatrisation en relief.

La cause exacte reste inconnue. L’atteinte initiale serait une occlusion du follicule pilo-sébacé, suivie d’une inflammation secondaire et d’une destruction des glandes apocrines, entraînant une infection étendue au derme et à l’hypoderme. L’intervention de facteurs hormonaux a été suggérée (modifications constatées pendant les règles ou la grossesse), sans preuve exacte. Une infection par des bactéries est parfois présente dans les stades précoces mais n'est pas la cause initiale. Le tabac et le surpoids sont identifiés comme des facteurs aggravants.

Le diagnostic et les 3 stades d'évolution

Le diagnostic n’est quasiment jamais établi à la phase initiale. La moyenne actuelle de pose du diagnostic se situe entre 7 et 10 ans. Le diagnostic est exclusivement clinique (basé sur l’observation) ; aucun examen complémentaire ne permet de le faire. La maladie commence par un nodule ferme et violacé sous la peau. Les cicatrices prennent un aspect rétractile caractéristique dit « en pattes de crabe ». Les critères d'évaluation se résument ainsi : « Des abcès, à répétition dans les plis ».

La maladie évolue par poussées imprévisibles selon trois stades distincts :

  • Stade 1 : Abcès unique ou multiples sans fistules ni cicatrices hypertrophiques.

  • Stade 2 : Abcès récidivants avec fistules et cicatrices.

  • Stade 3 : Abcès récidivants et multiples avec formation de galeries purulentes sous la peau.

Toutes les personnes n'évoluent pas vers une forme grave. Le risque de septicémie est quasi nul, mais les formes extensives s'avèrent réellement handicapantes au quotidien.

Les traitements de la maladie

Les traitements par voie orale :

  • Les antibiothérapies : Efficaces sur les lésions débutantes, elles ne traitent pas le fond. L'association par exemple de la Clindamycine / Rifampicine permet de diminuer la fréquence des poussées.

  • Le Rubozinc : Donne des résultats intéressants au stade le plus léger de la maladie.

  • À éviter : En règle générale, les anti-inflammatoires sont à éviter.

  • Les traitements hormonaux sont parfois proposés avec des résultats mitigés.

Les traitements par voie topique :

  • L'acide fusidique (sur ordonnance) soulage et accélère le mûrissement. L'argile verte en cataplasme ou l'huile essentielle de Tea Tree favorisent également le mûrissement des lésions.

La chirurgie :

  • Incision avec drainage : Soulagement immédiat mais solution temporaire, la récidive est systématique.

  • L’exérèse large : Suivie d’une cicatrisation dirigée, c'est la seule technique vraiment efficace sur les formes sévères et résistantes. Elle se pratique sous anesthésie générale.

  • La greffe de peau est proposée dans les stades les plus avancés.

Les Anti-TNF Alpha et les anti-interleukines :


Déjà utilisés pour d'autres pathologies chroniques comme la spondylarthrite ankylosante, la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn, ces traitements ciblés montrent une réelle efficacité. Certains anti-TNF alpha bénéficient d'une prise en charge financière depuis mars 2021, et certains interleukines (IL-17) sont disponibles depuis novembre 2023.

Stop aux idées reçues !

Il ne s’agit pas d’une malade contagieuse ou sexuellement transmissible.

Il ne s’agit pas d’une maladie infectieuse.

L’association à un sinus pilonidal est parfois observée.

Il ne s’agit pas d’une maladie rare

Des facteurs génétiques ont été mis en évidence, la transmission de la maladie n’est pas systématique.

Elle peut être associée à une maladie de Crohn ou à une spondylarthrite.

La maladie n’est pas liée à un défaut d’hygiène.

La maladie de Verneuil s’accompagne parfois d’autres maladies de peau telles que l’acné conglobata et la folliculite disséquante du cuir chevelu.

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